Esthétique 1

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Composante :UFR Humanités

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Période : Semestre 1

Code matière : LEP1U3

Description

L’Idée du Beau

« Le sentiment de la beauté joue un rôle plus important dans la vie que n’en a jamais joué la théorie esthétique au sein de la philosophie », écrivait Santayana dans l’introduction au Sentiment du Beau. En effet, qu’il s’agisse du choix d’un lieu où habiter, des goûts vestimentaires, ou encore des afffinités amoureuses, la beauté fait partout sentir son attrait et son exigence. Mais qu’est-ce que le beau ? Existe-t-il une forme unique, essentielle et originaire, du Beau à laquelle ramener les multiples apparences sensibles que nous disons « belles » ? Est-il seulement possible de parvenir à un accord en matière de goût esthétique ? Ou bien faut-il s’en tenir, comme y invite Voltaire, dans l’article « Beau » de son Dictionnaire philosophique, au doute ironique et salutaire ?

« Demandez à un crapaud », écrivait-il, « ce que c’est que la Beauté, le grand beau, le to kalon ! Il vous répondra que c’est sa femelle avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun. » Le beau n’est-il qu’une affaire de point de vue, motivé par le désir sexuel et la reproduction de l’espèce ? Ou bien, mieux encore, l’expression d’une sensibilité singulière et privée ? Dans l’Odyssée du Beau, sommes-nous condamnés à naviguer de Charybde en Scylla, tantôt aspirés par le tourbillon relativiste, tantôt brisés contre l’éperon rocheux de l’idéalisme ?

L’approche physiologique, qui remonte aux causes sensibles de « l’idée du beau », dévoile les mécanismes du plaisir esthétique et les limites du débat. Mais une telle approche néglige à la fois la formation culturelle du goût et l’aspiration universelle propre au jugement esthétique. « C’est beau ! » Quel sens accorder à cette expression si familière? La prétention d’universalité, contenue dans cette objectivation, n’est-elle qu’un abus de langage ou recèle-t-elle la promesse d’une partage esthétique ? Et, si promesse il y a, comment parvenir à réconcilier les préférences individuelles autrement que par l’uniformisation d’un public dit « cultivé » ? De l’Idée du Beau à celle du public, c’est la question des règles de l’art et des normes culturelles qui est en jeu. Si libérer le regard de toute habitude perceptive et sociale relève de l’utopie, n’est-ce pas cependant, à en croire Schiller, « par la beauté que l’on s’achemine à la liberté » ?

 

 

Volume horaire CM : 24
Volume horaire TD : 24
Crédits ECTS : 5
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