Écrire sur l'art 2

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Composante :UFR Humanités

En bref

Période : Semestre 6

Code matière : LDM6U31

Description

« Ecrire sur l’art 2 »
Cours de M. ZUBIATE : « La « Présence et image » : langages et création(s) de l’Esprit Nouveau à Yves Bonnefoy »

 

Indications de travail

 

Cette UE de deuxième semestre en L3 a deux objectifs : interroger des aspects spécifiques de l’écriture sur l’art au XXe siècle, et développer des compétences d’écriture critique et réflexive en rapport avec ce domaine de connaissance. 

Une partie du module sera donc consacré à l’étude de l’évolution des discours sur l’art développés par les poètes et quelques écrivains majeurs au cours du XXe siècle (des réflexions d’Apollinaire sur l’Esprit Nouveau aux travaux d’Yves Bonnefoy sur la peinture et l’architecture), dans une période hautement problématique en ce qui concerne les rapports entre langages artistiques, représentation du monde et expression d’une « vérité ».

L’époque est en effet fascinée tout autant que hantée par la possibilité d’un langage artistique et d’un espace esthétique indépendants de la réalité – où s’exprime la tension entre pouvoir sémiotique et potentiel sémantique.

Il s’ensuit en littérature, particulièrement chez les poètes, l’exploration des possibilités, des séductions et des limites d’une représentation du monde médiatisée par les langages plastiques, avec des moments forts : avant-guerre, l’exaltation d’un Apollinaire ou d’un Cendrars devant l’avant-garde picturale, qui les amène à développer des approches originales du travail des peintres ; dans l’entre-deux-guerres, l’émulation aux accents de rivalité des peintres et des poètes surréalistes face aux productions de l’imagination ; des années cinquante aux années soixante-dix enfin, la recherche de convergences spirituelles et irrationalistes des divers langages esthétiques (chez un Malraux notamment) et la distance des poètes de la réflexivité autocritique (Bonnefoy, Dupin, du Bouchet) par rapport au dogme de l’autonomie de l’art, qui les fait interroger les possibilités de restituer une « présence » perdue grâce à une écriture se critiquant au miroir des créations de l’art figuratif (du Baroque à Giacometti).

A partir de cette évolution, qu’il faut appréhender en regard des évolutions de l’écriture savante et spécialisée de l’Histoire de l’art au cours du siècle (qui, d’Elie Faure et Henri Focillon à André Chastel, Georges Duthuit, Pierre Francastel ou Erwin Panofsky, va de l’érudition et de l’interprétation historienne à la tentation théoricienne validant des grilles interprétatives par l’observation de techniques), on s’interrogera, d’une part sur le rôle respectif de l’observation objective et de l’appréhension subjective et sensible dans la saisie des œuvres d’art, d’autre part sur le rôle des formats d’écriture (articles, essais, traités) et des publics visés –  et, partant, sur les moyens de produire un discours critique et interprétatif articulant appréhension sensible, appréhension d’un sens et communication.

L’objectif de cette lecture sera de permettre aux étudiants de poser les bases d’une réflexion personnalisée et éclairée sur l’art d’écrire, de façon à exploiter cette compétence dans des productions personnelles, qui feront l’objet de travaux en cours dans une autre partie du module. 

Volume horaire TD : 36
Crédits ECTS : 3

Contrôle des connaissances

L’évaluation consistera en commentaires et productions de textes de critique artistique. Deux devoirs valideront le semestre : le premier, donné vers le début des cours, sera à remettre au cours du semestre (40% de la note finale) ; le deuxième sera un devoir sur table lors de l’une des deux dernières séances du cours (60% de la note finale).

Quant au contenu, deux types d’exercices seront proposés : soit l’étudiant devra produire un commentaire de critique d’art en prenant position, devant l’œuvre plastique et son commentaire, par rapport à l’interprétation de l’auteur ; soit il produira son propre commentaire d’une œuvre d’art, en regard d’un texte du corpus de base qui lui servira de tremplin (comparatif, polémique, etc.) pour sa propre lecture.

En conséquence de quoi, les critères de notation seront la capacité à observer et décrire autant qu’à élaborer, dans une langue rigoureuse, la synthèse nuancée et illustrée d’une idée et d’une démonstration – le tout en faisant en conscience la part de l’approche objective (description comprise) et de l’implication subjective selon le format de texte demandé, le public censément visé et l’intention communicationnelle. On sera attentif, à ce titre, non seulement aux justifications argumentées, mais aussi à la portée critique (ton choisi, de la discussion à la polémique) et à l’aptitude à situer la réflexion commentée dans l’histoire des représentations et des écrits sur l’art.

Diplômes intégrant cette UE :