Littérature française 5

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Composante :UFR Humanités

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Période : Semestre 5

Code matière : LDR5M11

Description

Étude de deux ou trois oeuvres complètes des XVIe et/ou XVIIe et/ou XVIIIe siècles, autour du thème "histoire et fiction".

Présentation de l’UE : Littérature XVIe-XVIIIe siècles :

Cette UE est mutualisée (Licence Lettres  Parcours Enseignement Recherche/ Parcours Métiers de l’écrit et de l’intermédialité - Licence Lettres Classiques – Licence Cultures Modernes et Contemporaines)

Dans cette UE, on étudiera les relations entre récit de fiction et récit factuel dans la littérature d’Ancien Régime.

L’organisation des cours est la suivante :

-  CM (12h) : Le CM, commun aux divers groupes de cette UE mutualisée, aura lieu le mardi matin entre 9h 30 et 10h 30. Le programme des séances vous sera précisé en début de semestre.

-  TD : 1 séance de 3h chaque semaine, le mardi de 15h30 à 18h30. Le TD, dont le programme est indiqué ci-dessous, est consacré à l’étude des textes et à la méthodologie des exercices écrits de la dissertation et du commentaire composé (recherche et organisation des idées, mise en forme de l’argumentation, plan, rédaction). Le TD offre aussi l’occasion de pratiquer l’oral (exposés, commentaires de textes).

 

TD  - De la fiction épistolaire au roman-mémoires : écrire en « je » aux XVIIe et XVIIIe siècles (Mme DEFRANCE)

Un siècle sépare les cinq vibrantes Lettres portugaises (parues anonymement en 1669 et écrites par une jeune religieuse à un amant l’ayant abandonnée) de la longue lettre rédigée par une autre religieuse à peine enfuie du couvent, échappant ainsi au harcèlement et à la persécution, et qui adresse ses mémoires à un destinataire masculin qu’elle veut émouvoir afin d’obtenir son aide. Ce roman de Diderot, rédigé aux alentours de 1780, fut publié à titre posthume en 1796.

A mi-parcours de cette trajectoire, c’est encore la forme épistolaire qui est choisie par Crébillon-fils, en 1730, pour servir de cadre au récit d’un « songe ». Ce texte bref narre la rencontre d’une femme, dans l’intimité de sa chambre à coucher, avec une créature imaginaire surpuissante et exigeante. Cette fantaisie contée offre à la fois une réflexion sur le désir et la vertu, et un tableau de mœurs peint par celui qui ne tarderait pas à devenir un maître du « roman du libertinage ».

Sans prétendre donc saisir toute la diversité d’un dispositif formel à géométrie variable - car il est d’autres formes, polyphoniques, du roman épistolaire qui ne sont pas ici représentées - on montrera pourquoi, en un siècle où le récit à première personne s’impose progressivement dans le panorama romanesque français,  la forme épistolaire et plus largement la narration à la première personne ont pu tant intéresser les auteurs. Capables qu’elles étaient d’offrir au lecteur placé en situation de voyeur une « fiction de présence », une plongée sensible dans l’intimité du sujet, et aux auteurs un instrument d’analyse des passions et d’expression du fantasme, ces formes romanesques furent aussi pour le philosophe des Lumières un outil de dénonciation de l’oppression et du fanatisme religieux.

Enfin, il n’est pas indifférent que ces trois auteurs aient choisi de se couler dans une voix féminine (ils y réussirent d’ailleurs si bien que les lecteurs de Guilleragues et certains lecteurs de Diderot ont pu croire à des lettres véritables). Nous envisagerons donc également le genre épistolaire et le roman-mémoires comme instruments de réflexion sur les pouvoirs de la fiction.

 

Œuvres au programme :

- Guilleragues, Gabriel Joseph de Lavergne de, Lettres portugaises, éd. Emmanuel Bury, Le Livre de Poche, « Libretti », 2003.

- Crébillon, Claude-Prosper Jolyot de, Le Sylphe, ou Songe de Madame de R***. Écrit par elle-même à Madame de S***, conte. [Diverses éditions, les éditions bon marché étant épuisées, le texte sera disponible sur le Bureau virtuel à la rentrée. Vous pouvez vous reporter par exemple à ces éditions :

Delon Michel, Sylphes et sylphides, anthologie présentée par, Paris, Desjonquères, 1999.

Crébillon, Claude, Œuvres, éd. dirigée par Jean Sgard, tome 1, Paris, Classiques Garnier,           1999.]

- Diderot, La Religieuse,éd. Robert Mauzi, Gallimard,  « Folio classique », 1972.

 

Pour une première approche des auteurs au programme, lectures conseillées 

Outre les préfaces de vos éditions :

- Fauconnier, Denis, Étude sur Guilleragues : Lettres portugaises : texte intégral, Paris, Ellipses, 2005.

- Martin, Christophe, La Religieuse de Diderot, Paris, Gallimard, « Foliothèque »,  2015.

- Ramirez Carmen, « Introduction », Le Sylphe, Crébillon, Claude, Œuvres, éd. dirigée par Jean Sgard, tome 1, p. 3-21.

- Viart, Thierry, « Le Sylphe ou les lumières d’une allégorie », RHLF, 1996, n° 1, p. 11-121.

 

Un siècle sépare les cinq vibrantes Lettres portugaises (parues anonymement en 1669 et écrites par une jeune religieuse à un amant l’ayant abandonnée) de la longue lettre rédigée par une autre religieuse à peine enfuie du couvent, échappant ainsi au harcèlement et à la persécution, et qui adresse ses mémoires à un destinataire masculin qu’elle veut émouvoir afin d’obtenir son aide. Ce roman de Diderot, rédigé aux alentours de 1780, fut publié à titre posthume en 1796.

A mi-parcours de cette trajectoire, c’est encore la forme épistolaire qui est choisie par Crébillon-fils, en 1730, pour servir de cadre au récit d’un « songe ». Ce texte bref narre la rencontre d’une femme, dans l’intimité de sa chambre à coucher, avec une créature imaginaire surpuissante et exigeante. Cette fantaisie contée offre à la fois une réflexion sur le désir et la vertu, et un tableau de mœurs peint par celui qui ne tarderait pas à devenir un maître du « roman du libertinage ».

Sans prétendre donc saisir toute la diversité d’un dispositif formel à géométrie variable - car il est d’autres formes, polyphoniques, du roman épistolaire qui ne sont pas ici représentées - on montrera pourquoi, en un siècle où le récit à première personne s’impose progressivement dans le panorama romanesque français,  la forme épistolaire et plus largement la narration à la première personne ont pu tant intéresser les auteurs. Capables qu’elles étaient d’offrir au lecteur placé en situation de voyeur une « fiction de présence », une plongée sensible dans l’intimité du sujet, et aux auteurs un instrument d’analyse des passions et d’expression du fantasme, ces formes romanesques furent aussi pour le philosophe des Lumières un outil de dénonciation de l’oppression et du fanatisme religieux.

Enfin, il n’est pas indifférent que ces trois auteurs aient choisi de se couler dans une voix féminine (ils y réussirent d’ailleurs si bien que les lecteurs de Guilleragues et certains lecteurs de Diderot ont pu croire à des lettres véritables). Nous envisagerons donc également le genre épistolaire et le roman-mémoires comme instruments de réflexion sur les pouvoirs de la fiction.

 

Volume horaire CM : 12
Volume horaire TD : 36
Crédits ECTS : 5

Objectifs

Initiation à la théorie littéraire, connaissance de l'histoire littéraire.

Compétences visées

Méthodologie de la dissertation générale et de la dissertation sur œuvre complète, commentaire de texte à l'écrit et à l'oral.

Informations complémentaires

Suggestions de lectures estivales :

Les lectures ci-dessous sont de deux ordres. Les œuvres regroupées par siècles constituent un prérequis au cours et offrent l’occasion de compléter sa culture et de combler des lacunes. Par ailleurs, les étudiants désireux de prendre un peu d’avance sur le programme du semestre pourront en trouver un échantillon, en bas de liste.

 

XVIIe siècle :

- Lafayette, Madame de, La Princesse de Clèves, éd. B. Pingaud, Gallimard, « Folio classique », 2000

            Histoire de la princesse de Montpensier et autres nouvelles, Gallimard, « Folio 2 », 2009.

Histoire de Madame Henriette d’Angleterre, suivie de Mémoires sur la Cour de France pour les années 1688 et 1689, Paris, Mercure de France, « le Temps retrouvé », 1965 et 1988.

- Saint-Réal, Dom Carlos, dans Dom Carlos et autres nouvelles françaises du XVIIe siècle, éd. Roger Guichemerre, Paris, Gallimard, « Folio classique », 1995.

- Sévigné, Madame de, Lettres choisies, éd. Roger Duchêne, Paris, Gallimard, « Folio », 1988.

 

XVIIIe siècle :

- Defoe, Daniel, Robinson Crusoé, trad. de Pétrus Borel, introduction Michel Baridon, Paris, Gallimard, « Folio classique ».

- Marivaux, Le Paysan parvenu, éd. Henri Coulet, Gallimard, « Folio Classique », 1981.

- Voltaire, Candide, dans Romans et contes, éd. René Pomeau, Flammarion, « G-F », 1975.

 

Échantillon des trois programmes dispensés dans cette UE mutualisée :

- Aubigné, Agrippa d’, Les Tragiques, "Miseres", éd. Nicole Cazauran, Paris, Gallimard, coll. « Folio Classique ».

- Marguerite de Navarre, L’Heptaméron, prologue et première journée, éd. Nicole Cazauran, Paris, Gallimard, coll. « Folio Classique ».

- Diderot, Denis, La Religieuse,éd. Robert Mauzi, Gallimard,  « Folio classique », 1972.

- Prévost, Antoine-François, Manon Lescaut, éd. Jean Sgard, Flammarion, « GF », 2011.

Contrôle des connaissances

Modalités de contrôle :
Session 1 : Régime général : contrôle continu (30% de la note globale) et examen écrit (70% de la note globale).
                      Régime spécial : examen écrit (4h) : dissertation sur programme.
Session 2 : Examen écrit (4h) : dissertation sur programme.