Culture littéraire / Littérature comparée 3

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Composante :UFR Humanités

En bref

Période : Semestre 3

Code matière : LDH3E21

Description

Culture littéraire : « Le roman comme espace de la traduction » (Isabelle Poulin)

1 -Textes de référence (lectures obligatoires, à faire avant le début des cours)

- PROUST, Marcel, Sur la lecture [1905], Librio / Littérature.

- CALVINO, Italo, Si une nuit d’hiver un voyageur [Se una notte d’inverno un viaggiatore, 1979], traduction Martin Rueff, Folio 2015.

Une anthologie de textes sur la traduction sera distribuée en début de semestre, ainsi que des indications bibliographiques.

 

2 – Programme et objectifs

« La langue de l’Europe », a déclaré Umberto Eco, « c’est la traduction ». L’écrivain et critique italien entendait ainsi attirer l’attention sur la situation de plurilinguisme d’un espace politique qui peine à exister, et qui aurait tout intérêt à articuler les deux gestes du semestre : penser (le divers), donc traduire. On essaiera de comprendre dans quelle mesure « la traduction » peut être considérée comme une « langue », en étudiant un espace de pensée qui s’est édifié dès l’origine (à la Renaissance) dans la conscience de Babel : le roman moderne.

Deux textes du xxe siècle (qui seront l’occasion de remontées régulières dans le temps) serviront à poser les jalons de ce qu’on pourrait appeler une poétique européenne :

- un court essai de l’écrivain français Marcel Proust [1871-1922], intitulé Sur la lecture, Préface destinée à accompagner l’une de ses traductions (un autre essai sur la lecture, écrit par l’esthète anglais John Ruskin) et qui a servi de creuset à l’élaboration de sa grande œuvre, À la recherche du temps perdu, dans laquelle on peut lire : « La tâche et le devoir d’un écrivain sont ceux d’un traducteur » ; on s’intéressera à la façon dont Proust lie deux activités de pensée familières (lire, écrire) à une troisième, souvent dévalorisée et pourtant indissociable des premières (traduire) ;

- un roman de l’écrivain italien Italo Calvino [1923-1985], Si une nuit d’hiver un voyageur, qui se présente comme l’histoire d’un lecteur constamment empêché de connaître la fin des livres qu’il commence (dix débuts de romans enchâssés, qui composent une sorte de panorama du genre au xxe

siècle), et dont l’un des protagonistes principaux est un traducteur retors, qui mélange les auteurs et les langues ; l’ouvrage montre en quoi la « tâche de traducteur » qui incombe aux romanciers est paradoxalement mise à mal par une économie mondiale du livre (à un moment de l’histoire particulièrement défavorable aux échanges culturels, celui de la Guerre froide) ; on abordera ainsi les enjeux politiques liés à « la Nation nommée roman » (formule de l’écrivain mexicain Carlos Fuentes).

L’enjeu du semestre est de prendre conscience de la façon dont le genre romanesque déborde les frontières (des langues, notamment) et habitue à penser ailleurs, autrement – raison pour laquelle il a servi de creuset à l’entreprise récente de revalorisation de la traduction dans le champ de la recherche en lettres et sciences humaines.

 

Évaluation :

1ère session : contrôle continu composé d’un exposé oral (sur un sujet lié au thème du semestre) et d’un écrit (commentaire de texte).

2e session : régime général et dispensés : oral.

Volume horaire CM : 4
Volume horaire TD : 26
Crédits ECTS : 3
Diplômes intégrant cette UE :